La contrefaçon de marque est un fléau qui touche toutes les entreprises, des multinationales aux TPE-PME. Reproduire, imiter ou utiliser une marque déposée sans autorisation constitue un acte de contrefaçon, passible de sanctions civiles et pénales. Pour le titulaire d'une marque, la question n'est pas de savoir si une contrefaçon surviendra, mais quand. Être préparé et connaître les outils juridiques à votre disposition est essentiel pour réagir rapidement et efficacement. Ce guide détaille l'ensemble des actions, procédures et stratégies pour défendre votre marque face à la contrefaçon.

Qu'est-ce que la contrefaçon de marque ?

Au sens juridique, la contrefaçon de marque est définie par l'article L.716-4 du Code de la propriété intellectuelle. Elle englobe la reproduction, l'usage, l'apposition, la suppression ou la modification d'une marque enregistrée sans l'autorisation de son titulaire. La contrefaçon peut prendre plusieurs formes : la reproduction à l'identique (copie servile), l'imitation créant un risque de confusion dans l'esprit du public, ou encore l'usage d'une marque renommée pour profiter de son image (parasitisme).

L'appréciation du risque de confusion est au cœur du contentieux de marque. Les juges analysent plusieurs critères : la similitude visuelle, phonétique et conceptuelle des signes en cause, la similitude des produits et services, le caractère distinctif de la marque antérieure, et le niveau d'attention du public concerné. Il n'est pas nécessaire de prouver l'intention frauduleuse du contrefacteur : la contrefaçon de marque est un délit objectif.

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articles contrefaisants saisis par les douanes françaises en 2024, pour une valeur estimée à 680 millions d'euros. Les secteurs les plus touchés : textile, électronique et cosmétiques.
Douanes françaises, 2024

Les actions préventives : anticiper la contrefaçon

La surveillance de marque

La première ligne de défense contre la contrefaçon est la surveillance de marque. Il s'agit de surveiller en permanence les registres de marques (INPI, EUIPO, OMPI) ainsi que les places de marché en ligne pour détecter les dépôts de marques identiques ou similaires à la vôtre et les usages non autorisés. La surveillance vous permet de réagir dans les délais impartis, notamment le délai de 2 mois pour former opposition devant l'INPI. Sans surveillance, vous risquez de laisser une marque concurrente s'enregistrer sans réagir.

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La procédure d'opposition devant l'INPI

L'opposition est une procédure administrative rapide et peu coûteuse qui permet au titulaire d'une marque antérieure de s'opposer à l'enregistrement d'une nouvelle marque identique ou similaire. Elle doit être formée dans un délai de 2 mois à compter de la publication de la demande de marque au Bulletin Officiel de la Propriété Industrielle (BOPI). Le coût de la taxe d'opposition est de 400 € auprès de l'INPI. La décision est rendue dans un délai de 6 mois environ. En cas de succès, la demande de marque contestée est rejetée, en tout ou en partie.

Délai d'opposition strict

Le délai d'opposition de 2 mois est un délai strict et non prorogeable. Passé ce délai, il ne sera plus possible de former opposition et il faudra engager une action judiciaire, beaucoup plus longue et coûteuse. D'où l'importance cruciale de la surveillance de marque.

L'enregistrement en douane

Le titulaire d'une marque peut déposer une demande d'intervention auprès des douanes françaises (articles L.335-10 et R.335-4 du CPI). Les douaniers sont alors habilités à retenir les marchandises suspectes de contrefaçon à l'importation ou à l'exportation. Cette procédure est gratuite et particulièrement efficace pour bloquer l'entrée de produits contrefaisants sur le territoire. La demande est valable un an et renouvelable.

Les actions judiciaires : réagir face à la contrefaçon avérée

La saisie-contrefaçon : constituer la preuve

La saisie-contrefaçon, prévue par l'article L.716-7 du CPI, est la procédure probatoire de référence en matière de contrefaçon de marque. Elle permet au titulaire de la marque d'obtenir, sur requête unilatérale (sans contradictoire), une ordonnance du président du tribunal judiciaire autorisant un commissaire de justice à se rendre chez le contrefacteur présumé pour constater les faits de contrefaçon. Le commissaire de justice peut saisir des échantillons, photographier les produits, accéder aux documents commerciaux et comptables (factures, bons de commande, stocks). Cette procédure est redoutablement efficace car le contrefacteur n'est pas prévenu et ne peut pas dissimuler les preuves.

Important : une fois la saisie-contrefaçon réalisée, le demandeur doit engager une action au fond (assignation en contrefaçon) dans un délai de 20 jours ouvrables, sous peine de nullité de la saisie. Il est donc essentiel de préparer l'ensemble de la stratégie contentieuse en amont.

L'action en contrefaçon au civil

L'action en contrefaçon de marque est portée devant le tribunal judiciaire (articles L.716-4 et suivants du CPI). Seuls certains tribunaux sont compétents en matière de marques (Paris, Lyon, Marseille, etc., pour les marques françaises ; tribunal judiciaire de Paris exclusivement pour les marques de l'Union européenne). Le titulaire de la marque peut obtenir la cessation de la contrefaçon (interdiction d'usage, retrait des produits), des dommages et intérêts (préjudice matériel, moral, gain manqué), la publication du jugement, et la destruction des produits contrefaisants.

Les dommages et intérêts sont calculés selon les critères de l'article L.716-14 du CPI : les conséquences économiques négatives subies par le titulaire (manque à gagner, perte de chiffre d'affaires), le préjudice moral, et les bénéfices réalisés par le contrefacteur. Alternativement, le juge peut allouer une somme forfaitaire qui ne peut être inférieure au montant des redevances qui auraient été dues si le contrefacteur avait obtenu une licence.

L'action pénale en contrefaçon

La contrefaçon de marque est également un délit pénal, puni par l'article L.716-9 du CPI de 4 ans d'emprisonnement et 400 000 € d'amende. Les peines sont aggravées en cas de bande organisée (5 ans et 500 000 €) ou de mise en danger de la santé ou de la sécurité des personnes (7 ans et 750 000 €). L'action pénale peut être engagée par le titulaire de la marque (plainte avec constitution de partie civile) ou par le ministère public. Elle est particulièrement dissuasive et permet d'obtenir des peines complémentaires (fermeture d'établissement, confiscation).

Constituer un dossier de preuves solide

  • Certificat d'enregistrement de votre marque à l'INPI (ou attestation de dépôt)
  • Preuves d'usage de votre marque (factures, publicités, site internet, catalogues)
  • Captures d'écran horodatées des actes de contrefaçon (sites web, réseaux sociaux, marketplaces)
  • Procès-verbal de constat par commissaire de justice
  • Résultats de la saisie-contrefaçon le cas échéant
  • Preuves du préjudice subi (baisse de chiffre d'affaires, atteinte à l'image)
  • Attestations de clients ou partenaires constatant la confusion
  • Tableau comparatif des signes en cause (votre marque vs le signe litigieux)

Les recours en ligne : agir sur Internet

La contrefaçon de marque est particulièrement répandue sur Internet. Les plateformes de commerce en ligne (Amazon, eBay, Alibaba, etc.) disposent de programmes de protection de la propriété intellectuelle permettant de signaler et faire retirer les annonces contrefaisantes. Le signalement est généralement gratuit et rapide (retrait sous 24 à 48 heures). Sur les réseaux sociaux (Instagram, Facebook, TikTok), des formulaires de signalement similaires sont disponibles. Enfin, la procédure UDRP (Uniform Domain-Name Dispute-Resolution Policy) permet de récupérer un nom de domaine reprenant votre marque, via l'OMPI.

Stratégie globale de protection : la méthode Marquo

  1. Déposer votre marque à l'INPI (et à l'EUIPO si activité européenne) pour obtenir un titre de propriété solide.
  2. Mettre en place une surveillance de marque pour détecter les dépôts et usages suspects.
  3. Réagir rapidement en formant opposition dans le délai de 2 mois si un dépôt concurrent est détecté.
  4. Constituer un dossier de preuves en continu (conservation des preuves d'usage, captures d'écran).
  5. Engager les procédures adaptées (mise en demeure, opposition, saisie-contrefaçon, action judiciaire) selon la gravité.
  6. Effectuer un suivi régulier de vos droits et renouveler votre marque tous les 10 ans.
« La contrefaçon ne s'arrête pas toute seule. Plus vous attendez pour agir, plus le contrefacteur se renforce et plus votre marque s'affaiblit. Une réaction rapide et proportionnée est la clé d'une défense efficace. »
Équipe juridique Marquo

Outils utiles pour lutter contre la contrefaçon

  • TMView : base de données gratuite pour rechercher les marques enregistrées dans le monde
  • Base marques INPI : registre officiel des marques françaises
  • Programme Brand Registry Amazon : protection des marques sur la marketplace
  • UDRP (OMPI) : procédure de récupération de noms de domaine
  • Surveillance de marque Marquo : alertes automatiques sur les dépôts similaires

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