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L'opposition de marque

En résumé

Guide complet sur l'opposition de marque à l'INPI : qui peut former opposition, les motifs recevables, les délais, le déroulement de la procédure contradictoire et les stratégies de défense du déposant.

Points clés à retenir
  • L'opposition doit être formée dans les 2 mois suivant la publication du dépôt au BOPI
  • Seuls les titulaires de droits antérieurs (marques, AOP/IGP, collectivités) peuvent s'opposer
  • La taxe d'opposition est de 400€, non remboursable en cas de rejet
  • La procédure dure environ 6 à 9 mois avec une phase contradictoire structurée
  • La quasi-totalité des oppositions aurait pu être évitée par une recherche d'antériorité préalable

L'opposition de marque est une procédure administrative prévue par les articles L.712-4 et suivants du Code de la propriété intellectuelle, permettant au titulaire d'un droit antérieur de s'opposer à l'enregistrement d'une nouvelle marque auprès de l'INPI. C'est le mécanisme de régulation central du droit des marques français : il permet de purger les dépôts portant atteinte à des droits existants avant même qu'ils n'accèdent au registre. Chaque année, plusieurs milliers d'oppositions sont déposées en France, témoignant de la vitalité de cet instrument juridique.

La procédure d'opposition est à la fois une menace pour le déposant qui n'a pas effectué de recherche d'antériorité sérieuse, et un outil de défense indispensable pour le titulaire de marque soucieux de protéger ses droits. Comprendre son fonctionnement est essentiel, que vous soyez dans la position du déposant ou de l'opposant.

~4 000
oppositions formées chaque année devant l'INPI
Source : Rapport d'activité INPI 2024

Qui peut former opposition ?

L'opposition n'est pas ouverte à toute personne qui souhaiterait contester un dépôt de marque. L'article L.712-4 du CPI limite strictement la qualité pour agir aux titulaires de droits antérieurs limitativement énumérés :

  • Le titulaire d'une marque antérieure enregistrée — Marque française, marque de l'Union européenne (EUIPO), ou marque internationale désignant la France (OMPI). C'est le cas le plus fréquent.
  • Le titulaire d'une marque notoirement connue — Au sens de l'article 6bis de la Convention de Paris. La notoriété doit être prouvée sur le territoire français.
  • Le bénéficiaire d'un droit exclusif d'exploitation — Le licencié exclusif peut agir si le contrat de licence l'y autorise et si le titulaire ne s'y oppose pas.
  • L'organisme de défense d'une AOP ou IGP — Les organismes habilités à défendre une appellation d'origine ou une indication géographique protégée.
  • Une collectivité territoriale — Depuis la réforme de 2019, les collectivités peuvent s'opposer à l'enregistrement de marques reprenant leur nom géographique.
Précision importante

Les titulaires de droits antérieurs autres que des marques (dénominations sociales, noms commerciaux, noms de domaine, droits d'auteur) ne peuvent pas former opposition à l'INPI. Ils doivent agir par la voie de l'annulation administrative (INPI) ou judiciaire (tribunal judiciaire) une fois la marque enregistrée.

Les motifs d'opposition recevables

L'opposition doit être fondée sur un risque de confusion entre le signe déposé et le droit antérieur invoqué. Ce risque de confusion s'apprécie globalement, en tenant compte de tous les facteurs pertinents :

  • Similarité des signes — Comparaison visuelle, phonétique et conceptuelle entre la marque déposée et la marque antérieure
  • Similarité des produits/services — Comparaison des produits et services désignés dans les deux enregistrements
  • Caractère distinctif de la marque antérieure — Plus la marque antérieure est distinctive ou renommée, plus la protection est large
  • Risque de confusion dans l'esprit du public — Appréciation du point de vue du consommateur moyen des produits/services concernés
  • Risque d'association — Même en l'absence de confusion directe, un risque d'association avec la marque antérieure peut suffire

Depuis la réforme de 2019, l'opposition peut également être fondée sur l'atteinte à la renommée d'une marque antérieure (article L.712-4-1 CPI). Dans ce cas, il n'est pas nécessaire de démontrer un risque de confusion : il suffit de prouver que l'usage de la marque déposée tirerait indûment profit du caractère distinctif ou de la renommée de la marque antérieure, ou lui porterait préjudice.

Délais et formalités de l'opposition

L'opposition doit être formée dans un délai de 2 mois à compter de la publication du dépôt au Bulletin Officiel de la Propriété Industrielle (BOPI). Ce délai est impératif et ne peut être prorogé. Passé ce délai, l'opposition n'est plus recevable et le titulaire du droit antérieur devra recourir à une procédure d'annulation (plus longue et plus coûteuse).

FormalitéDétailObservation
Délai2 mois à compter de la publication BOPIImpératif, non prorogeable
Taxe400€Non remboursable, même en cas de rejet
FormulaireEn ligne sur le portail INPIOpposition motivée avec pièces justificatives
ReprésentationFacultativeAvocat ou CPI recommandé mais non obligatoire
LangueFrançaisPièces étrangères à traduire
« Le délai de 2 mois passe très vite. Si vous découvrez un dépôt de marque susceptible de porter atteinte à vos droits, n'attendez pas le dernier jour pour agir. La préparation d'un dossier d'opposition solide prend du temps : rassembler les preuves, rédiger les arguments, constituer le dossier. La mise en place d'un service de surveillance de marques est le meilleur moyen de ne pas laisser passer les délais. »
Équipe juridique MarquoExperts en propriété intellectuelle

Déroulement complet de la procédure

La procédure d'opposition se déroule en plusieurs phases devant l'INPI. La durée totale varie de 6 à 9 mois en fonction de la complexité du dossier et des éventuelles demandes de report :

  1. Dépôt de l'opposition (J0) — L'opposant soumet son acte d'opposition auprès de l'INPI, accompagné du paiement de la taxe de 400€ et de ses arguments préliminaires.
  2. Recevabilité (J+15 environ) — L'INPI vérifie la recevabilité de l'opposition : délai respecté, taxe payée, qualité pour agir. L'INPI notifie ensuite le déposant de l'existence de l'opposition.
  3. Phase contradictoire — Tour 1 (2 mois) — L'opposant dispose d'un délai pour déposer ses arguments détaillés et ses pièces justificatives (preuves d'enregistrement, preuves d'usage, argumentaire juridique).
  4. Phase contradictoire — Réponse du déposant (2 mois) — Le déposant présente ses observations en défense : contestation de la similarité, différence de produits/services, invocation de la déchéance pour non-usage de la marque antérieure, etc.
  5. Phase contradictoire — Réplique (2 mois, optionnel) — L'opposant peut répliquer aux arguments du déposant. Un dernier tour de parole peut être accordé au déposant.
  6. Clôture de l'instruction — L'INPI clôture la phase contradictoire lorsqu'il estime que le dossier est complet.
  7. Décision de l'INPI (~1 mois après clôture) — L'INPI rend sa décision motivée, notifiée aux deux parties.

Les issues possibles de l'opposition

La décision de l'INPI peut prendre quatre formes :

IssueConséquence pour la marque déposéeConséquence pour l'opposant
Opposition rejetéeLa marque est enregistrée normalementPerte de la taxe de 400€, possibilité d'appel
Opposition partiellement fondéeEnregistrement restreint à certains produits/servicesVictoire partielle, possibilité d'appel pour le reste
Opposition totalement fondéeLe dépôt est rejeté dans sa totalitéVictoire totale, marque antérieure préservée
Retrait / accord amiableDépend des termes de l'accordAccord de coexistence, retrait moyennant compensation

La décision de l'INPI peut faire l'objet d'un recours devant la Cour d'appel compétente dans un délai d'1 mois à compter de sa notification. Le recours est suspensif : la décision de l'INPI n'est pas exécutée tant que la Cour ne s'est pas prononcée.

Stratégies de défense du déposant

Si votre dépôt de marque fait l'objet d'une opposition, plusieurs arguments peuvent être invoqués en défense. Un professionnel saura identifier les plus pertinents en fonction de votre situation :

  • Absence de similarité des signes — Démontrer que les différences visuelles, phonétiques et conceptuelles entre les deux signes sont suffisantes pour exclure tout risque de confusion.
  • Absence de similarité des produits/services — Argumenter que les produits et services respectifs sont suffisamment éloignés pour que les deux marques coexistent sans confusion.
  • Caractère faiblement distinctif de la marque antérieure — Si la marque antérieure est composée d'éléments descriptifs ou courants dans le secteur, son périmètre de protection est réduit.
  • Déchéance pour non-usage — Si la marque antérieure n'a pas été sérieusement exploitée pendant 5 ans, le déposant peut soulever une exception de déchéance, obligeant l'opposant à prouver l'usage de sa marque.
  • Accord de coexistence — Proposer un accord amiable délimitant les territoires, les produits ou les conditions d'usage respectifs.
La procédure d'opposition en détail

Guide approfondi de la procédure contradictoire devant l'INPI

La disponibilité d'une marque

Comment vérifier la disponibilité d'un signe avant le dépôt pour éviter l'opposition

Comment éviter l'opposition : prévention par la recherche d'antériorité

La meilleure façon de ne pas subir d'opposition est de l'anticiper. La quasi-totalité des oppositions aurait pu être évitée par une recherche de disponibilité sérieuse réalisée avant le dépôt. Cette recherche permet d'identifier les droits antérieurs conflictuels et soit de modifier le signe envisagé, soit de restreindre les classes de dépôt pour éviter le chevauchement avec des marques existantes.

Inversement, si vous êtes titulaire d'une marque et que vous souhaitez protéger proactivement vos droits, la surveillance de marque vous permet d'être alerté automatiquement de tout nouveau dépôt susceptible de porter atteinte à votre signe. Vous disposez ainsi du temps nécessaire pour préparer une opposition dans le délai de 2 mois.

Le coût de l'impréparation

Une opposition coûte au minimum 400€ de taxe INPI au seul opposant, et peut engendrer des frais de conseil de 1 000 à 5 000€ pour chaque partie. Pour le déposant dont la marque est rejetée, il faut ajouter la perte des taxes INPI de dépôt (190€+), les frais de rebranding et le préjudice commercial. Tout cela pour un investissement de recherche d'antériorité qui aurait coûté quelques dizaines d'euros.

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Questions fréquentes

Seul le titulaire d'un droit antérieur peut former opposition. Cela inclut : le titulaire d'une marque antérieure enregistrée (française, européenne ou internationale désignant la France), le titulaire d'une marque notoirement connue au sens de l'article 6bis de la Convention de Paris, le bénéficiaire d'un droit exclusif d'exploitation (licencié exclusif avec autorisation), l'organisme de défense et de gestion d'une AOP/IGP, et une collectivité territoriale pour son nom. Un simple concurrent sans droit antérieur ne peut pas s'opposer via cette procédure.
La taxe d'opposition auprès de l'INPI est de 400€. Cette somme n'est pas remboursée en cas de rejet de l'opposition. À cette taxe s'ajoutent éventuellement les honoraires d'un avocat ou d'un conseil en propriété industrielle si vous faites appel à un professionnel, ce qui est vivement recommandé. Le coût total peut varier de 400€ (sans avocat) à 3 000-5 000€ (avec accompagnement professionnel complet).
Ne paniquez pas. Vous disposez de délais pour répondre dans le cadre de la phase contradictoire. Les premières étapes sont : (1) analyser attentivement les motifs et arguments de l'opposant, (2) comparer objectivement les signes et les produits/services en cause, (3) consulter un professionnel en propriété intellectuelle, (4) préparer vos observations en défense dans le délai imparti. Une opposition ne signifie pas automatiquement que votre marque sera refusée.
Selon les statistiques de l'INPI, environ 40 à 50% des oppositions aboutissent à un rejet total ou partiel du dépôt contesté. Environ 20 à 25% sont rejetées (l'opposition échoue), et le reste fait l'objet d'un retrait, d'un accord amiable ou d'une clôture pour d'autres raisons. Ces chiffres soulignent l'importance d'une recherche d'antériorité préalable pour éviter de se retrouver en position de défendeur.
Pas directement par la voie de l'opposition INPI. L'opposition est réservée aux titulaires de marques antérieures, de marques notoirement connues, d'AOP/IGP et aux collectivités territoriales. Un titulaire de nom de domaine antérieur ne peut pas former opposition à l'INPI, mais il peut demander l'annulation de la marque par une action administrative devant l'INPI ou par voie judiciaire, en invoquant son nom de domaine comme droit antérieur.
Oui. Tant que la procédure d'opposition est en cours, la marque contestée n'est pas enregistrée. Le dépôt reste en suspens jusqu'à la décision finale de l'INPI. Si l'opposition est rejetée, la marque est enregistrée. Si elle est fondée (totalement ou partiellement), le dépôt est rejeté pour tout ou partie des produits/services visés.

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