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La disponibilité d'une marque

En résumé

Guide complet sur la disponibilité d'une marque : quels droits antérieurs vérifier, comment apprécier la similarité des signes, le principe de spécialité, et les outils pour sécuriser votre dépôt INPI.

Points clés à retenir
  • La disponibilité est l'une des 3 conditions de validité d'une marque avec la distinctivité et la licéité
  • L'INPI ne vérifie pas la disponibilité — c'est au déposant de s'en assurer avant le dépôt
  • Le principe de spécialité permet la coexistence de marques identiques dans des classes différentes
  • La similarité s'apprécie sur trois plans : visuel, phonétique et conceptuel
  • Les marques de renommée bénéficient d'une protection élargie au-delà de leurs classes

La disponibilité est l'une des trois conditions cumulatives de validité d'une marque, avec la distinctivité et la licéité. Un signe n'est disponible que s'il ne porte pas atteinte à des droits antérieurs protégés. L'appréciation de la disponibilité est un exercice juridique complexe qui va bien au-delà d'une simple vérification dans les registres de marques : elle implique l'analyse croisée de multiples sources et l'application de critères précis définis par le Code de la propriété intellectuelle et la jurisprudence.

Contrairement à la distinctivité et à la licéité, qui sont vérifiées d'office par l'INPI lors de l'examen du dépôt, la disponibilité n'est pas contrôlée par l'institut. C'est au déposant — ou à son mandataire — de s'assurer que le signe choisi ne porte pas atteinte à des droits antérieurs. Cette responsabilité est lourde : un défaut de disponibilité expose le déposant à une opposition dans les 2 mois suivant la publication, ou à une action en annulation à tout moment après l'enregistrement.

15-20%
des dépôts de marques font l'objet d'une opposition en France chaque année
Source : Statistiques INPI 2024

Les droits antérieurs à vérifier

L'article L.711-3 du Code de la propriété intellectuelle (dans sa rédaction issue de l'ordonnance du 13 novembre 2019) dresse la liste des droits antérieurs susceptibles de faire obstacle à l'enregistrement d'une marque. Cette liste est plus large que ce que beaucoup de déposants imaginent :

Marques antérieures enregistrées

C'est le premier réflexe — et c'est légitime. Vous devez vérifier l'absence de marques identiques ou similaires enregistrées pour des produits ou services identiques ou similaires. Trois niveaux de registres doivent être consultés : les marques françaises (base INPI), les marques de l'Union européenne (base EUIPO) qui couvrent automatiquement la France, et les marques internationales désignant la France (base OMPI / système de Madrid). Une marque européenne ou internationale en vigueur en France a exactement la même force juridique qu'une marque nationale.

Marques notoirement connues

Même non enregistrées en France, les marques « notoirement connues » au sens de l'article 6bis de la Convention de Paris bénéficient d'une protection. C'est le cas de certaines grandes marques internationales qui, bien que non déposées spécifiquement en France, jouissent d'une notoriété telle que tout usage d'un signe similaire créerait un risque de confusion. En pratique, ces cas restent rares mais ne doivent pas être ignorés.

Autres droits antérieurs

  • Dénominations sociales et noms commerciaux — Enregistrés au Registre du Commerce et des Sociétés (consultable sur Infogreffe). Un risque de confusion entre votre marque et une dénomination sociale antérieure peut fonder une opposition.
  • Enseignes et noms d'entreprise — Même non enregistrés, ils constituent des droits antérieurs s'ils sont effectivement utilisés dans la vie des affaires.
  • Noms de domaine — Depuis 2019, un nom de domaine dont la portée n'est pas seulement locale constitue un droit antérieur opposable.
  • Appellations d'origine et indications géographiques — AOP, AOC, IGP : ces signes protégés ne peuvent être reproduits ou imités dans une marque.
  • Droits d'auteur — Un logo, un personnage, un slogan original protégé par le droit d'auteur constitue un droit antérieur.
  • Droits de la personnalité — Nom patronymique, pseudonyme, image d'une personne : leur utilisation comme marque nécessite l'autorisation du titulaire.
  • Nom d'une collectivité territoriale — Depuis la réforme de 2019, les collectivités peuvent s'opposer à l'enregistrement de marques reprenant leur nom.
Type de droit antérieurSource de vérificationOpposabilité
Marques françaisesdata.inpi.frOpposition INPI + annulation
Marques UEeuipo.europa.eu / TMViewOpposition INPI + annulation
Marques internationalesbranddb.wipo.int / TMViewOpposition INPI + annulation
Dénominations socialesInfogreffe / Societe.comOpposition INPI (si risque de confusion)
Noms de domaineAFNIC / Whois / ICANN LookupOpposition INPI (si portée non locale)
AOP / IGPINAO / base UE eAmbrosiaOpposition INPI
Droits d'auteurAucun registre centraliséAction judiciaire uniquement
Nom patronymiqueAucun registreAction judiciaire uniquement
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Le principe de spécialité

Le principe de spécialité est un pilier fondamental du droit des marques. Il signifie qu'une marque n'est protégée que pour les produits et services désignés dans les classes de la Classification de Nice figurant dans son enregistrement. Concrètement, deux marques identiques peuvent parfaitement coexister si elles visent des produits ou services différents, dès lors qu'il n'existe pas de risque de confusion dans l'esprit du consommateur.

L'exemple le plus célèbre est celui de « MONT BLANC » : la marque existe à la fois pour des stylos de luxe (Montblanc International GmbH) et pour des desserts (Société des Produits Nestlé). Les deux coexistent légalement car les produits sont suffisamment éloignés pour qu'il n'y ait aucun risque de confusion. En revanche, deux marques identiques pour des produits similaires ou complémentaires seront jugées incompatibles.

Exception : les marques de renommée

Les marques jouissant d'une renommée bénéficient d'une protection élargie au-delà de leurs classes d'enregistrement (article L.713-5 CPI). Ainsi, même pour des produits totalement dissemblables, il est interdit d'utiliser un signe identique ou similaire à une marque de renommée si cet usage tire indûment profit de sa notoriété ou lui porte préjudice. C'est pourquoi il est risqué de déposer un signe proche de marques très connues comme CHANEL, APPLE ou LOUIS VUITTON, même dans des classes différentes.

Les critères d'appréciation de la similarité

Lorsque deux signes ne sont pas identiques mais présentent des ressemblances, l'INPI et les tribunaux procèdent à une appréciation globale du risque de confusion. Cette appréciation se fonde sur trois critères complémentaires, examinés du point de vue du « consommateur d'attention moyenne » :

La similarité visuelle

Elle porte sur l'apparence graphique des signes : structure du mot (longueur, nombre de syllabes), lettres communes, disposition des éléments. Par exemple, « MARQUO » et « MARQO » sont visuellement très proches (une seule lettre de différence). La similarité visuelle est particulièrement déterminante pour les marques figuratives (logos) et semi-figuratives.

La similarité phonétique

Elle s'apprécie au niveau de la prononciation et de la sonorité. C'est souvent le critère le plus déterminant pour les marques verbales. Par exemple, « KENZO » et « KENSHO » présentent une forte similarité phonétique. La prononciation doit être évaluée dans la langue du public pertinent — en France, c'est la prononciation française qui prime, même pour des mots étrangers.

La similarité conceptuelle

Elle porte sur le sens, l'idée ou l'évocation des signes. Deux marques visuellement et phonétiquement différentes peuvent être jugées similaires si elles évoquent le même concept. Par exemple, « SUN » et « SOLEIL » sont conceptuellement identiques. De même, « APPLE » et « POMME » pourraient être jugées similaires sur le plan conceptuel pour des produits identiques.

CritèreCe qui est comparéExemple de similaritéImportance
VisuelStructure, lettres, graphismeMARQUO vs MARQOForte pour les logos
PhonétiquePrononciation, sonoritéKENZO vs KENSHOForte pour les noms
ConceptuelSens, idée, évocationSUN vs SOLEILVariable

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Ces bases ne couvrent que la recherche à l'identique. Pour une analyse de similarité complète, faites appel à une recherche professionnelle.

La double condition : similarité des signes ET des produits/services

Le risque de confusion ne s'apprécie pas seulement au niveau des signes. Il faut également évaluer la proximité des produits et services désignés dans les enregistrements respectifs. L'INPI et les tribunaux tiennent compte de la nature des produits, de leur destination, de leurs canaux de distribution, de leur complémentarité et de leur concurrence. Deux signes très proches couvrant des produits très différents peuvent coexister, tandis que deux signes moyennement proches couvrant des produits identiques seront jugés incompatibles.

Cette appréciation croisée est souvent résumée par le principe d'interdépendance : plus les produits sont proches, moins les signes doivent être similaires pour caractériser un risque de confusion, et inversement. C'est un raisonnement en balance qui nécessite une expertise juridique pointue.

Les types de classes de la Classification de Nice

Comprendre les 45 classes de produits et services pour bien cibler votre dépôt

Comment procéder à une vérification de disponibilité efficace

Une vérification de disponibilité sérieuse s'effectue en trois niveaux de profondeur croissante :

  1. Niveau 1 — Recherche à l'identique (gratuite) : Vérifiez sur data.inpi.fr qu'aucune marque strictement identique n'est enregistrée dans vos classes. Complétez par TMView pour les marques européennes et internationales. Ce premier filtre élimine les conflits les plus évidents.
  2. Niveau 2 — Recherche de similarité (recommandée) : Analysez les marques phonétiquement, visuellement et conceptuellement proches. Cette recherche nécessite une expertise professionnelle et des outils spécialisés capables d'identifier des risques que la simple recherche à l'identique ne révèle pas.
  3. Niveau 3 — Recherche élargie (complète) : Étendez la recherche aux dénominations sociales, noms commerciaux, noms de domaine, AOP/IGP et droits d'auteur. C'est le niveau de diligence recommandé pour les projets à fort enjeu commercial.
L'étape indispensable de la recherche d'antériorité

Pourquoi et comment réaliser une recherche d'antériorité complète avant le dépôt

Rappel important

L'INPI ne vérifie jamais la disponibilité de votre marque lors de l'examen du dépôt. L'enregistrement de votre marque ne constitue donc aucune garantie de sa validité par rapport à des droits antérieurs. Un tiers peut contester votre marque par opposition (2 mois après publication) ou par action en annulation (sans limitation de durée).

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Questions fréquentes

Non. Google ne référence pas les marques déposées mais non exploitées, ni les dépôts récents non encore publiés, ni les dénominations sociales non présentes en ligne. Seule une recherche dans les bases officielles (INPI, EUIPO, OMPI) complétée par une vérification des dénominations sociales (Infogreffe) et des noms de domaine (Whois, AFNIC) est fiable. Une recherche Google peut constituer un premier filtre utile, mais elle est absolument insuffisante.
Oui, grâce au principe de spécialité. Deux marques identiques peuvent coexister si elles désignent des produits ou services différents dans des classes distinctes de la Classification de Nice. Par exemple, « MONT BLANC » coexiste pour des stylos (classe 16) et pour des desserts (classe 30). Exception importante : les marques de renommée bénéficient d'une protection étendue au-delà de leurs classes, même pour des produits dissemblables.
La similarité n'est pas un obstacle absolu. Tout dépend du degré de ressemblance entre les signes et de la proximité des produits/services. Si les signes sont proches mais pas identiques, et que les produits sont différents, le dépôt peut être envisageable. Une analyse professionnelle est indispensable pour évaluer le risque de confusion. En cas de doute, il est préférable de modifier votre signe pour le rendre plus distinctif.
Oui, une recherche de disponibilité complète doit inclure les noms de domaine. Depuis l'ordonnance du 13 novembre 2019, un nom de domaine dont la portée n'est pas seulement locale constitue un droit antérieur opposable à un dépôt de marque. Il est donc essentiel de vérifier les domaines .fr, .com et .eu correspondant à votre signe.
Le coût varie selon l'étendue de la recherche. Une recherche à l'identique sur la base INPI est gratuite. Une recherche de similarité professionnelle coûte entre 50€ et 500€ selon le périmètre (national, européen, international) et le prestataire. Chez Marquo, la recherche d'antériorité approfondie est incluse dans l'offre Pro à 109€ HT. C'est un investissement négligeable au regard du coût d'une opposition (400€ de taxe + frais de défense potentiels).

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